La crème calcaire
Certaines poteries impressionnées (cardium, poinçon, ongles etc…) sont ensuite, après cuisson, enduites d’un colorant permettant de rehausser les motifs par contraste. En effet, cette technique simple, attestée sur certaines plaquettes gravées devait-être tout aussi répandu parmi la céramique bien que les traces subsistantes soient ténues après plusieurs milliers d’années.
Comme cette crème s’applique après cuisson elle n’est pas incluse dans la masse argileuse et de fait est appelée à disparaitre au fil du temps. Toutefois, sur la durée de vie d’une poterie, si cette dernière n’est pas destinée au feu mais au stockage, la crème tiendra tel un plâtre qui enduit un mur.
Le procédé est simple, il suffit de racler avec une lame de silex un morceau calcaire. La poudre obtenue sera mélangée avec un liant, du lait par exemple. Il suffit ensuite de mélanger jusqu’à obtenir une crème qui sera aussitôt appliquée avec le doigt sur les dépressions de la céramique. Il conviendra ensuite de retirer le surplus avec un peu d’eau. Après séchage la crème adhère parfaitement à la paroi redevenant en quelque sorte à son état premier de roche.
Bien entendu, ce qui est valable avec le calcaire l’est aussi avec d’autres types de colorants, notamment les ocres. Mais le meilleur contraste avec une céramique, généralement foncée, reste le blanc. Toutefois, culturellement, d’autres couleurs ont pu être préférées.
J’aime à penser que cette technique aurait pu être appliquée aux chevelures perlées de Willendorf et Brassempouy. Même si aujourd’hui nous avons encore peine à imaginer les façades de nos églises multicolores …
